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Les zones humides

L'expression « zones humides » désigne des milieux très divers : marais, estuaires, lacs, mangroves, prés salés, prairies humides... Une zone humide est avant tout caractérisée par la présence permanente ou temporaire d'eau. 

 

 

Qu'est ce qu'une zone humide ?

D’après le Code de l’Environnement, les zones humides sont des « terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d'eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l'année».

Ainsi, comme leur nom semble l’indiquer, les zones humides sont avant tout caractérisées par la présence de l’eau, qu’elle soit libre ou captive, en permanence ou plus temporairement. Mais décrire ces endroits ne suffit pas ; celui qui n’a pas un jour traversé une zone humide aura du mal à ressentir pleinement tout le caractère particulier de ces milieux.

De loin, la végétation détonne avec celle des alentours par un vert luxuriant au plus chaud de l’été, et un jaune pâle en hiver. En s’approchant, on remarque que les végétaux adoptent tantôt un port bas et gazonnant pour profiter au maximum de l’eau, tantôt un port en touffes, ou en coussinets pour s’affranchir des longues périodes d’inondation.

En y pénétrant, le pas se dérobe, le sol mou ralentit toute progression. Localement, on trouve des « gouilles » sortes de chenaux comparables à des bras morts de rivières miniatures. Ailleurs, la végétation devient plus haute et se densifie, plus loin, au contraire, la végétation rase et flottante s’est adaptée aux inondations permanentes. Vous l’aurez compris, pour réellement apprécier les zones humides, l’observation ne suffit pas : il faut s’aventurer et pénétrer au cœur de ces milieux pour ressentir la portance du sol, l’action de l’eau, qui tantôt imbibe, tantôt inonde.

 
Inter actu

Les rôles des zones humides :

Libellule

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Jonc agglomérée

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Jonc acutiforme

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Réservoir de biodiversité :

On a souvent mis en avant la diversité biologique des zones humides. Il faut avouer que cet axe de communication est plutôt bien choisi, quand on estime qu’au niveau mondial plus de 50% de la faune aviaire et plus de 30 % des espèces de flore menacées dépendent des zones humides.

Indéniablement, ces milieux hébergent une flore remarquable, adaptée à la vie dans les milieux gorgés d’eau et accueillent pour tout ou partie d’un cycle de vie ou le temps d’une halte une faune tout aussi riche.

C’est un fait désormais établi, qui dépasse le simple cadre de notre région ou de notre département. Certaines espèces, relictuelles des périodes glaciaires se maintiennent depuis des milliers d’années dans les tourbières et les prairies humides du département.

Pour parler des zones humides, on met souvent en avant les plantes carnivores, comme les Droséra, les Grassettes ou les Utriculaires. On évoque encore les curieux plumets blancs des Linaigrettes ou la beauté de la fleur du Trèfle d’eau. Mais savez-vous que parmi ces plantes remarquables, certaines espèces ne subsistent plus qu’en rares endroit du département, et ce à l’échelle régionale ? Ainsi, on peut par exemple citer l’Iris de Sibérie, qui n’existe plus que dans deux stations du bassin versant du Viaur !

 

La faune n’est pas en reste au milieu des zones humides. Un nombre impressionnant d’espèces animales profitent de ces milieux, qui, de par leur grande diversité, offrent tout autant de lieu de repos, de reproduction, de territoires de chasse. Ainsi, les amphibiens, hôtes privilégiés des mares et autres gouilles, semblent de toute évidence intimement liés aux zones humides. Il en est de même pour de nombreuses espèces d’insectes, au premier rang desquels libellules et demoiselles qui ont besoin d’eau pour le développement de leur larves. De nombreuses espèces d’oiseaux comme le Héron cendré ou le Hibou des marais sont dépendants des milieux humides, que ce soit le temps d’une halte migratoire ou de manière permanente. Enfin, on y rencontrera aussi bien de petits mammifères comme le Campagnol amphibie que des grands herbivores comme le chevreuil, à la recherche d’un peu de fraîcheur et de quiétude au cœur de la végétation.

Cependant, cette précieuse diversité biologique ne doit toutefois pas occulter les nombreux autres services rendus à la collectivité par les tourbières et les prairies humides. En effet, les zones humides permettent une gestion qualitative et quantitative de l’eau.

Gestion quantitative de la ressource en eau

Les zones humides assurent un rôle majeur dans la conservation de l’eau au « pays ». D’ailleurs, qu’on les compare à des « châteaux d’eau » ou à des « éponges », ce sont elles qui gèrent directement ou indirectement le rechargement de nombreuses nappes phréatiques et garantissent ainsi l’approvisionnement en eau de bon nombre de cours d’eau, de villages, de villes et d’abreuvoirs. Le drainage d’une zone humide va indéniablement accélérer la sortie de l’eau qui va alors grossir les fossés sans s’infiltrer, sans recharger les nappes, pour rejoindre rapidement les cours d’eau. En outre, avant d’arriver à la rivière, l’eau aura gagné en force et en puissance augmentant alors sa capacité érosive et créant, des dégâts dans des parcelles situées des kilomètres plus bas. Si l’on reproduit ce schéma à une échelle plus grande, on parle alors d’inondations à des dizaines de kilomètres en aval des zones drainées. On s’étonne alors que les forts épisodes pluvieux se traduisent par une fréquence des crues bien plus importantes. Et ces crues entraînent à leur tour des dégâts matériels parfois colossaux que les assurances et la collectivité peinent à prendre en charge.

Par ailleurs, il est aujourd’hui reconnu que les zones humides, en retenant l’eau, assurent également une désynchronisation des pics de crues. Cela dit, si ces zones se gorgent en période hivernale, elles ne peuvent retenir l’eau indéfiniment. Ainsi, c’est au plus fort de l’été, quand les niveaux d’eau sont les plus bas, que les zones humides vont jouer un rôle bénéfique sur la régularité des écoulements des cours d’eau. En restituant progressivement l’eau, elles vont contribuer à atténuer les étiages les plus sévères et ainsi, se porter garante du bon état de nos rus, ruisseau et rivières.

Ainsi, avec les zones humides, il faut savoir penser « global » et dépasser le simple cadre des limites parcellaires. En effet, si une zone humide en amont peut avoir une action bénéfique sur le maintien des écoulements d’un cours d’eau en aval, c’est encore elle qui bien souvent autorise un approvisionnement régulier en eau en quantité et en qualité suffisante en aval.

 

Gestion qualitative de la ressource en eau

Les zones humides jouent également un rôle dans l’amélioration de la qualité de l’eau.

L’eau qui parcourt les tourbières et les prairies humides est forcée de circuler au travers d’une végétation foisonnante et d’un micro relief chahuté. Bien souvent, l’eau se voit contrainte de stationner plusieurs jours ou plusieurs semaines avant de s’infiltrer ou de rejoindre les cours d’eau en aval. C’est cet écoulement, forcément lent, au travers des zones humides, qui permet la filtration et l’épuration de l’eau.

C’est ainsi que les zones humides sont comparées à de véritables « reins » à l’échelle d’un bassin versant. Cette lenteur dans le cheminement qui s’impose à l’eau est à l’origine de la filtration mécanique et de l’épuration chimique de l’eau. Combien de village, de particuliers, de stabulations, d’auges bénéficient d’une eau de qualité grâce au travail silencieux des zones humides ! Sur un département comme l’Aveyron, les chiffres sont impressionnants et donnent le tournis. Les voies souterraines de l’eau sont complexes et bien souvent une zone humide ici joue un rôle de premier plan là, à plusieurs dizaines de kilomètres. En effet, les eaux de cette source qui alimentent ce village ont transité par une zone humide.

La source n’est que la partie immergée d’un réseau souvent extrêmement vaste qui pourvoit à son approvisionnement. Une pollution, fusse-t-elle accidentelle, n’aura pas la même incidence sur le milieu et sur la qualité de l’eau si elle est diluée dans des centaines de mètres cubes ou si elle est concentrée dans un mince filet d’eau.

Là aussi, les zones humides ont un rôle à jouer car, comme nous l’avons vu, elles ne peuvent retenir l’eau de manière illimitée. Relâchée progressivement en période d’étiage, celle-ci est bien souvent salvatrice pour atténuer l’incidence de pollutions et permettre à des poissons particulièrement sensibles à la qualité de l’eau de subsister !

 

Rôle économique et agricole

Forts de ces constats, difficile de ne pas se rappeler les sécheresses des années 2003 et 2005. Périodes de vache maigre s’il en est, ces épisodes ont profondément affectés la ressource en eau et, de fait, les quantités de fourrage disponibles. Bien heureux les agriculteurs qui possédaient une tourbière ou une prairie humide, qui ont alors révélé toute leur importance en offrant un fourrage vert tout au long de l’année. Avec la sécheresse, nombre d’agriculteurs ont reconnus le rôle majeur que les milieux humides avaient joué dans la production fourragère, regrettant même parfois les quelques ares qui avaient pu être drainés par le passé. Certes, le fourrage offert alors n’est peut-être pas de première qualité et les rendements ont pu décevoir, mais cette ressource a eu le mérite d’exister là où l’herbe a fait défaut au plus fort de la sécheresse, permettant d’économiser le peu de foin encore disponible. Les zones humides ont également fait office de zones de repos pour les bêtes, comme un dernier oasis de fraîcheur.

 

Valeur socio-culturelles

Vous l’aurez compris, nombreux sont les services rendus à tout un chacun par les zones humides.

Mais attention à ne pas réduire ces milieux à de simples supports pour fonctionnalités, dès lors qu’on leur confère le statut « d’infrastructures naturelles à haute valeur patrimoniale » !

La dimension socio-culturelle associée aux zones humides est souvent délaissée au profit d’enjeux plus tangibles. Et pourtant, savez-vous par exemple que les tourbières renferment les témoignages du passé, à l’image de véritables musées à ciel ouvert pour qui prend le temps de s’y pencher ? Tourbières qui, soit dit en passant, croissent à raison d’environ 0,02 mm à 1 mm par an en épaisseur… ce qui en dit long sur leur âge quand on sait que l’on peut localement rencontrer plusieurs mètres de tourbe !

Les zones humides sont donc des lieux de vie, mais aussi de mémoire. Ainsi, ce n’est pas hasard si les tourbières sont des lieux prisés des archéologues. Les conditions particulières de ces milieux, que d’aucuns qualifieraient volontiers d’hostiles, empêchent la décomposition de la matière organique… offrant ainsi une remarquable conservation à des corps humains et autres vestiges datés parfois de – 8000 ans !

Pour ces mêmes raisons, les tourbières vont, au fil des ans, emprisonner et conserver un précieux témoin des paysages du passé : le pollen. Dans leur écrin de tourbe, les pollens, graines et autres spores, véritable signatures des espèces végétales, vont être « mis en archive » et gardés intacts. C’est l’étude de leur présence, en fonction de l’épaisseur à laquelle ils se trouvent, qui va renseigner sur la présence de telle ou telle espèce à une époque donnée. Changements climatiques, développement de l’agriculture, apparition d’espèces… c’est le cours des siècles passés qui se trouve ainsi être révélé.

Par ailleurs, la présence actuelle d’une zone humide est bien souvent le legs de génération d’agriculteurs, d’éleveurs et de paysans qui, de par leurs activités, ont su maintenir et préserver ces milieux. La valeur sociale et culturelle portée par les zones humides devient, une fois encore, évidente : de par le simple fait d’exister, elles témoignent des activités autrefois mises en œuvre sur nos territoires.

 
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Contrat Rivière Viaur

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