L'étude hydrobiologique traduit les impacts des apports trophiques sur la faune par une modification éventuelle des peuplements, soulignant l'influence de la qualité de l'eau sur le compartiment biologique. Elle intègre également la composition physique de la station d'étude et donne une image globale de l'écosystème aquatique.
Résume les classements des différentes rivières pendant les saisons estivales 2003 et 2005 selon la valeur de l’IBGN. Pour ce faire, nous signalons les éléments pris en considération pour la détermination de la note indicielle de l’IBGN, à savoir
- la richesse faunistique, déterminée par le nombre d’unités systématiques (U.S.), reflet du type de substrat (habitabilité de la station) à condition que la qualité physicochimique de l’eau ne soit pas le facteur limitant
- le groupe indicateur (G.I.), reflet de la qualité physicochimique de l’eau puisqu’il prend en considération la polluosensibilité des taxons qui le composent.

Les résultats des deux campagnes menées à ce jour :
| Stations | Période d’étude Eté 2003 | Période d’étude Eté 2005 | |||||
| Note IBGN | U.S. | G.I. | Note IBGN | U.S. | G.I. | ||
| Viaur | Gleysenove | 16 | 34 | 7 | 18 | 37 | 8 |
| Recoules | 16 | 30 | 8 | 18 | 33 | 9 | |
| Vioulou | Trébons Bas | 15 | 21 | 9 | 16 | 30 | 8 |
| Céor | Mondoye | 10 | 24 | 4 | 17 | 33 | 8 |
| Cone | Amont La Selve | 16 | 32 | 8 | 18 | 34 | 9 |
| Giffou | Lissart | 15 | 22 | 9 | 17 | 31 | 9 |
| Moulin de Roumégouse | 17 | 30 | 9 | 19 | 37 | 9 | |
| Lézert | Port de la Besse | 16 | 27 | 9 | 16 | 30 |
8 |
| Légende : | > 17 | Qualité très bonne | 16-13 | Qualité bonne | 12-9 | Qualité passable |
| 8-5 | Qualité médiocre | <4 | Qualité mauvaise |

- Le Viaur présente, sur sa partie amont (Gleysenove), des capacités biologiques fortes. Par rapport aux résultats de 2003, on remarque une nette augmentation de la plupart des paramètres estimés (diversité, valeur du groupe indicateur, équitabilité, nombre d'individus par support). D'autre part, le groupe indicateur est passé de 7 à 8, ce qui a permis une augmentation significative de la note IBGN. Ainsi, le Viaur peut être classé parmi les cours d'eau de très bonne qualité. Cependant, la valeur du coefficient morphodynamique est la plus faible de toutes les valeurs calculées sur le bassin versant (14/20) et le peuplement benthique est perturbé par une charge trophique excessive.
- Le Viaur au site de Recoules (station aval du Viaur), les mêmes
constations sont faites : la diversité augmente de 3 taxons et le
groupe indicateur d'un point par rapport à 2003. Ainsi, la note IBGN
passe là encore de 16 à 18, classant le Viaur parmi les cours d'eau de
très bonne qualité. Cependant, la structure du peuplement reste
perturbée en raison d'une forte charge trophique. Ceci est confirmé par
les résultats des traits biologiques, la part occupée par les taxons
eutrophes augmentant entre 2003 et 2005.
- Pour le Vioulou à Trébons Bas , nous notons une forte augmentation de la diversité taxonomique, avec 9 taxons recensés de plus qu'en 2003. Le taxons indicateurs faisant du groupe les plus polluosensible, la note IBGN augmente et passe de 15 (en 2003) à 16 (en 2005). Cependant, le Vioulou reste classé parmi les cours d'eau de bonne qualité comme en 2003 car ses capacités biologiques sont perturbées par une forte charge trophique. L'état structurel du peuplement fait apparaître la dominance des Chironomidés et des Oligochètes qui représentent à eux seuls plus de 50 % du peuplement benthique.
- Sur la Céor à Mondoye, le point de prélèvement de 2005 n'étant pas situé au même niveau du cours d'eau qu'en 2003, la comparaison des résultats obtenus lors de ces deux campagnes n'est pas possible. Cependant, nous pouvons dire qu'à l'amont de la station d'épuration de Cassagnes, le Céor a une très bonne qualité générale puisque le taxon le plus polluosensible recensé appartient au groupe 8 et que la diversité taxonomique est bonne (33 taxons identifiés). De plus, la morphologie du cours d'eau est très biogène avec un coefficient morphodynamique de 17,3 et un nombre de supports recensés optimum (8). Ces données reflètent la réelle potentialité du Céor car elles ne sont pas affectées par les effets de la station d'épuration. Le Céor apparaît donc comme un cours d'eau de très bonne qualité avec de fortes capacités biologiques. Cependant, sa charge trophique reste excessive ce qui perturbe le peuplement benthique comme en témoigne la forte proportion d'individus au seuil des groupes les plus polluorésistants (plus de 82 %).
- En ce qui concerne le Cône (amont La Selve), on constate également une nette augmentation de la note IBGN. Cette évolution est due à la présence de 2 nouveaux taxons dont 1 est plus polluosensible que ceux recensés en 2003. Ainsi, avec une note de 18/20, le Cône apparaît comme un cours d'eau de très bonne qualité. Cependant, malgré une augmentation de la diversité taxonomique (34 taxons en 2003 contre 32 en 2005), l'indice de Shannon diminue. Ceci laisse présager un certain déséquilibre dans la structure du peuplement. En effet, les valeurs d'équitabilité diminuent entre 2003 et 2005 passant de 0,6/l à 0,58/l. Ce léger déséquilibre peut s'expliquer par la dominance des Chironomidés qui représentent 40,7 % du peuplement. Les capacités biologiques du Cône sont néanmoins fortes car le coefficient morphodynamique est de 15,5 et la charge trophique n'est pas trop importante.
- Pour le Giffou (Lissart), la note IBGN passe de 15/20 en 2003 à 17/20 en 2005. Cette progression de 2 points de la note indicielle est due à l'augmentation du nombre de taxons récoltés au niveau de cette station (le groupe indicateur restant le même qu'en 2003). Or , si l'on considère les valeurs du coefficient morphodynamique, elles ont également augmenté (16,2 en 2005 contre 14 en 2003) et ce notamment en raison de la présence d'un nouveau support de prélèvement (Bryophytes). Ainsi, le milieu est plus biogène qu'auparavant. Cependant, le peuplement est sensible à la charge trophique car plus de 89 % des individus collectés appartiennent aux groupes indicateurs 1à3 (les plus polluorésistants).
- Pour le Lézert, au niveau de la station amont (Moulin de Roumégouse), la note IBGN témoigne des fortes capacités biologiques du milieu aquatique, classant le cours d'eau parmi ceux de très bonne qualité (19/20). Cependant, on constate un changement au niveau de la structure du peuplement qui peut s'expliquer par une augmentation ponctuelle de la charge trophique. En effet, la part des groupes polluosensibles régresse au profit des groupes polluorésitants (plus de 89 % des individus appartiennent aux groupes 1,2 et 3).
- A l'aval, au Port de la Besse, la note IBGN n'a pas changé depuis 2003 (16/20). Le cours d'eau reste donc de bonne qualité. Cependant, on constate une nette perte de diversité par rapport à la station amont (Moulin de Roumégouse). En effet, seuls 30 taxons sont dénombrés contre 37 à l'amont. De plus, le groupe indicateur perd 1 point. Ces données témoignent d'un impact anthropique ponctuel entre l'amont et l'aval du Lézert. Le peuplement est donc sensible à la charge trophique bien que son état soit peu perturbé.
En conclusion, de façon générale, les notes IBGN obtenues en 2005 par toutes les stations étudiées au niveau du bassin versant du Viaur augmentent ou restent identiques à celles enregistrées en 2003. Cela témoigne soit d'une amélioration du milieu aquatique, soit d'une contrainte hydrique moins sévère que lors de la campagne estivale 2003. Quoi qu'il en soit, on retrouve au niveau de toutes les stations prospectées des macro invertébrés appartenant à des groupes indicateurs les plus polluosensibles (groupe 8 et 9). Ceci témoigne d'une bonne qualité générale des eaux du bassin versant. Cependant, la nette progression des effectifs de Chironomidés et d'Oligochètes, notamment au niveau du Lézert indique une augmentation ponctuelle de la charge trophique qui devra être maîtrisée dans l'avenir afin de maintenir une bonne qualité des eaux.

Ce constat posé au vu des suivis mis en place sur le bassin versant du Viaur peut apparaître comme dissonant avec le travail réalisé dans le cadre de la Directive Cadre sur l'Eau. Ce dernier met en évidence que la majorité des masses d'eau du bassin sont en risque de non atteinte du bon état pour des raisons de dysfonctionnement biologique. Cette analyse s'appuie prioritairement, faute de données complètes pour l'appréciation de la biologie, sur des indices piscicoles mettant en évidence une dégradation des peuplements. De plus, ce constat de mauvais état est renforcé par une mauvaise qualité de l'hydromorphologie des cours d'eau.
Le suivi que nous avons réalisé doit être renforcé au cours du deuxième contrat sur des aspects biologiques et répondre au mieux aux objectifs de résultats de bon état et de suivi des cours d'eau pour respecter les préconisations du futur SDAGE révisé.
